Le 2 juillet 2025, Amma a reçu le prix Vivekananda pour la Paix dans les Relations Internationales pour ses contributions extraordinaires à la paix, à la compassion et au bien-être humanitaire. Ce prix honore les habitants de l’Inde qui ont exercé un impact transformateur sur le monde, incarnant l’esprit de service désintéressé.
DISCOURS D’AMMA :
« Amma s’incline devant vous tous, qui incarnez l’amour divin et le Soi.
Avant toute chose, je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs de ce prix, institué au nom de Swami Vivekananda.
Chaque fois qu’il y a un succès ou une réussite, dans n’importe quel domaine, n’importe où dans le monde, ce n’est jamais dû à l’effort d’un seul individu. D’innombrables personnes y ont contribué de manière désintéressée et, en toile de fond, de nombreux facteurs invisibles ont joué un rôle.
Lorsqu’une belle chanson est récompensée, c’est souvent le chanteur seul qui est reconnu. Nous oublions les autres personnes qui ont contribué à la beauté de la chanson : le poète qui a écrit les paroles inspirées, le compositeur qui a créé la mélodie, les musiciens qui ont joué, les choristes qui ont harmonisé la chanson et, par-dessus tout, la grâce de Dieu.
Ce n’est que lorsque tous ces éléments sont réunis qu’une belle chanson voit le jour.
De la même façon, si Amma a pu faire quelque chose de bénéfique pour le monde, c’est uniquement parce qu’elle a eu la joie d’avoir tant de bénévoles. Ces bénévoles viennent de tous les milieux et de toutes les nations. Ils écoutent Amma et Amma les écoute. C’est comme ça que cela fonctionne. C’est pourquoi Amma souhaite dédier ce prix à chacun d’entre eux.
Amma est comme une factrice. Les lettres ne lui appartiennent pas, mais en faisant preuve de discernement et de sincérité, la factrice s’assure que chaque lettre arrive à la bonne adresse. Il en va de même pour Amma.
Tous les océans ne sont qu’un
La responsabilité d’une action, qu’elle soit bonne ou mauvaise, incombe à tous ceux qui y ont contribué et non à un seul individu. Cette idée de responsabilité collective est d’autant plus pertinente lorsqu’il s’agit de la paix dans le monde.
Que ce soit au niveau de la famille, de la nation ou du monde, chacun d’entre nous porte la responsabilité morale de tout ce qui se passe de bon ou de mauvais dans le monde. Prendre conscience de cette vérité, c’est faire le premier pas vers la paix mondiale.
D’un point de vue géographique, l’homme a divisé l’océan à sa guise en de multiples masses d’eau : l’océan Indien, l’océan Pacifique, l’océan Atlantique, etc. Mais en réalité, l’océan n’est qu’un.
La terre sur laquelle nous vivons et l’air que nous respirons ne sont qu’un. Tous les êtres vivants vivent sous un seul et même ciel. Tous les habitants de la planète utilisent la lumière et l’énergie du même soleil. Lorsque nous nous éveillerons à cette compréhension, nous ne ferons plus jamais rien qui nuise au monde, à nos semblables, aux autres espèces ou à la nature. C’est le chemin de la paix.
Lorsque nous nous divisons en différents niveaux et travaillons séparément, cela ne fait qu’accroître notre égoïsme, notre haine et notre désir de vengeance.
Quand nous abandonnons la vertu, la vertu nous abandonne
Nos anciens sages ont prié de façon collective : « Puisse tout le monde être heureux. Que personne ne souffre de maladie. Puisse chacun voir des choses favorables et que personne ne connaisse le chagrin. »
Nous avons appris à voler dans le ciel comme des oiseaux et à plonger dans l’océan comme des poissons, mais nous avons oublié comment marcher et vivre comme des êtres humains.
Même un ver de terre naît, procrée et meurt. Que faisons-nous de différent, bien que nous ayons cette naissance humaine supérieure ? Au moins pendant sa vie, le ver de terre fertilise le sol. Nous, en revanche, ne quittons ce monde qu’après l’avoir exploité et avoir pollué l’environnement.
Nous devons réfléchir à ce que nous sommes capables de donner au monde plutôt que de nous concentrer sur ce que nous pouvons lui prendre.
Partout où une tortue rampe, elle laisse une trace dans le sable. De même, nous devrions nous efforcer de laisser une trace – de bons souvenirs – avant de quitter ce monde.
Un diabétique ne peut pas être guéri uniquement par des médicaments, une discipline alimentaire est également nécessaire. De façon similaire, la prise de conscience est essentielle.
Un jour, un homme se rendit chez le médecin car il souffrait d’un mal à l’estomac et de problèmes de vue. Le médecin lui prescrivit un médicament pour chaque mal. Mais l’homme s’est trompé, il a bu le collyre et mit des gouttes de médicament pour l’estomac dans les yeux. Naturellement, ses maux n’ont fait qu’empirer.
Telle est la situation du monde actuel. Nous ne pouvons donc pas reprocher à Dieu l’état actuel du monde. Lorsque les êtres humains abandonnent la vertu, la vertu les abandonne également.
Une épidémie plus dangereuse que la guerre
Nous devons reconnaître que l’épidémie mondiale de substances illicites est encore plus dangereuse que la guerre. Par le passé, les relations internationales étaient axées sur la coopération mutuelle et le développement en vue de la croissance et de la prospérité globales de la communauté mondiale.
Malheureusement, aujourd’hui, cette façon d’être est devenue à peu près : « J’ai besoin de plus pour moi, même au détriment d’autrui ». Par conséquent des guerres ont éclaté dans le monde entier. De grandes quantités d’argent sont dépensées pour produire des armes de destruction massive. Telle est la réalité de notre époque.
Si, sur les millions et les milliards dépensés, ne serait-ce qu’une petite partie de ce budget pouvait être allouée à embaucher des bénévoles à qui on pourrait demander de s’occuper chacune de 100 foyers pour surveiller la consommation de drogues illicites et sensibiliser les jeunes aux valeurs morales, cela pourrait réellement apporter la paix et la stabilité sociales.
Dans les épopées, nous entendons parler de personnes cruelles, Jarasandha par exemple. Aujourd’hui, certains jeunes toxicomanes se comportent comme des démons Jarasandhas des temps modernes. Tragiquement, dans cet état d’intoxication, beaucoup ne reconnaissent même pas leur famille ni leurs parents.
De nombreux parents racontent à Amma que lorsque leur enfant ne rentre pas à la maison le soir, ils vont dormir chez les voisins tant ils ont peur de dormir chez eux. Ils craignent que si leur enfant ne rentre à la maison intoxiqué, il ne les reconnaisse pas au point d’en arriver à les attaquer et à les tuer.
Les drogues illicites affectent de façon irréversible nos cellules cérébrales et, malheureusement, jusqu’à présent, nous n’avons pas découvert le moyen d’effectuer une transplantation de cerveau. Et il est peu probable que nous y parvenions un jour. C’est pourquoi il est essentiel d’inculquer des valeurs morales à nos jeunes et de les guider vers une meilleure voie.
L’égoïsme est comme une maladie auto-immune dans laquelle nos cellules attaquent et détruisent notre propre corps. Notre capacité à prendre en compte les sentiments et les droits d’autrui est en train de disparaître. Les gens ne ressentent plus aucun remords lorsqu’il s’agit de nuire à leurs voisins ou à la nature pour leur profit personnel.
Nous ne sommes pas des bougies qui ont besoin d’autrui les allumer. Nous sommes le soleil qui éclaire de lui-même. Nous ne sommes pas des chatons sans défense ; nous sommes des lions puissants.
Les Écritures disent : « Réveillez-vous ! Levez-vous ! » Nous avons en nous un potentiel infini. Mais nous avons besoin de connaissances spirituelles pour libérer ce potentiel. La source du vrai bonheur n’est pas à l’extérieur de nous, elle se trouve à l’intérieur.
Prenons l’exemple du tabagisme. Certaines personnes y trouvent du plaisir. D’autres réagissent négativement et se bouchent le nez rien qu’en sentant l’odeur d’une cigarette. Si les objets extérieurs pouvaient nous procurer le bonheur, alors le même objet procurerait la même joie à tout le monde. Mais ce n’est manifestement pas le cas.
Puissions-nous suivre la voie révélée par nos sages de l’antiquité afin que l’Inde puisse à nouveau s’élever au rang de maître spirituel du monde. Que l’Inde soit un modèle et un guide pour le monde.
En remerciant chaleureusement les organisateurs d’avoir décerné ce prix au nom de Swami Vivekananda, qui a consacré sa vie à la gloire de notre Inde, Amma offre une nouvelle fois ce prix à tous.
Puisse tous les êtres être partout heureux et en paix. »
Article paru le 2 juillet 2025