Cette initiative fait plus que former des personnes à des compétences afin qu’elles puissent gagner leur vie : depuis 2003, Amrita-JSS a permis à certaines personnes parmi les plus démunies d’Inde, de reprendre confiance et espoir. Aujourd’hui 101 308 personnes ont été formées dans des domaines allant de la couture de vêtements sur mesure à la plomberie ou à l’esthétique.
L’Institut de l’Éducation pour le Peuple du gouvernement indien a été créé pour améliorer le niveau de vie des franges les plus marginales de la société, avec une priorité donnée aux femmes, aux castes et tribus répertoriées, aux minorités, et autres communautés marginalisées. Cet institut finance les ONG pour la mise en place de cours pour analphabètes, nouveaux alphabétisés, et jeunes en décrochage scolaire, particulièrement dans les zones rurales reculées.
Manju a quitté l’école en CM1 mais a toujours aimé les tissus chatoyants. Après notre formation d’assistante couturière à Jodhpur, elle a pu louer une machine à coudre d’occasion à quelqu’un de sa famille, et a commencé à coudre pour les familles des ouvriers d’usines. Les saisons de fêtes religieuses la font veiller après minuit, mais les 10 000 roupies par mois en moyenne valent bien chaque point de couture.
« Je compte chacune des pièces terminées en pensant qu’elles pourront permettre de payer une facture de plus. » Manju, Jodhpur
Dans la mesure où les personnes manquent d’infrastructures et de ressources, nous avons pris l’initiative de venir à eux. Nous gérons 8 centres en Inde, Idukki dans le Kerala, Virudhunagar et Chennai dans le Tamil Nadu, Angul et Kalahandi dans l’Odisha, le district de Khasi Hills Est dans le Meghalaya, Vizianagaram dans l’Andhra Pradesh, et Jodhpur dans le Rajasthan. À partir de chaque centre nous pilotons également une cinquantaine d’antennes supplémentaires.
Nous intervenons dans 586 villages auprès de 72 004 stagiaires, ainsi que 109 zones défavorisées semi urbaines et urbaines, y compris des colonies et des bidonvilles urbains, où 29 304 bénéficiaires supplémentaires ont pu être formés.
Mona Lama habite à Jhalupura, dans le Shillong, district de Khasi Hills Est. Mère de deux enfants, elle est allée à l’école jusqu’en quatrième. Elle a découvert notre formation d’esthéticienne sur les réseaux sociaux et a décidé de s’inscrire. Après avoir terminé sa formation, elle a lancé le « Salon de Beauté Mona » dans son quartier et gagne à présent environ 10 000 roupies par mois.
« Je n’aurais jamais pensé pouvoir gérer une entreprise, mais cette formation m’a donné le courage nécessaire. » Mona Lama, Jhalupura, à Khasi Hills Est
Au cours de la dernière année, nous avons formé 14 295 personnes, dont 84% de femmes, avec un total de 15 programmes comprenant plus de 714 promotions. Les formations ont pour fondement l’identification des compétences inhérentes aux communautés, et les besoins pertinents du marché dans leurs régions. Cela constitue une base donnant aux stagiaires l’occasion de mener des vies dignes et financièrement stables, tout en permettant aux marchés locaux de croître.
Les cours les plus populaires comprennent un large choix de compétences, tels que couturière à son compte, assistante esthéticienne, fabricant(e) de produits en jute, artisan en bambou, brodeuse, opérateur informatique, mécanicien deux roues, cuisinier ou cuisinière, assistant(e) d’aide à domicile, électricien, plombier, soudeur, imprimeur textile, conservateur/trice des fruits et légumes.
À Behera dans le Kalahandi, 40 femmes ont saisi cette opportunité pour apprendre à coudre et broder ensemble. Sur une période de deux ans, elles ont pratiqué la coupe, la couture et le travail manuel de précision, puis leurs formateurs ont vu se réaliser un rêve plus grand encore. A partir d’un centre dans leur propre village, elles produisent maintenant des classeurs de bureau, des sacs en jute, des uniformes scolaires et d’autres vêtements pour les marchés environnants, leur permettant de partager environ 60 000 roupies par mois.
« Lorsqu’on est assises côte à côte devant les machines, on a le sentiment de coudre pour un avenir meilleur. » Dandapat du groupe des couturières-brodeuses, à Behera, dans le Kalahandi.

Les participantes reçoivent officiellement les certificats de Compétence-NCVET du gouvernement indien, après avoir réussi l’évaluation externe. Cela leur procure un vrai sentiment de valorisation, qui leur ouvre les portes d’une nouvelle vie.
Leurs réalisations sont célébrées lors de discours où les officiels des gouvernements locaux et les leaders des communautés distribuent des certificats et reconnaissent les réussites des stagiaires. Ceci les encourage à avancer dans la vie en se faisant confiance.
Christian MB vient du petit village de Rajamudy dans les hauteurs des Ghats occidentaux. Il a terminé notre formation d’électricien dans le district d’Idukki. Aujourd’hui il gagne 24 000 roupies par mois en tant qu’installateur de panneaux solaires, onduleurs et équipements de sécurité pour une compagnie locale. Son salaire régulier a amélioré la stabilité financière de son foyer.
« Chaque toit achevé est comme un pas en avant pour ma famille et moi-même. » Christian MB, Rajamudy dans le district d’Idukki
Pour favoriser une conversion plus profonde encore chez les participants, nous organisons également des évènements collectifs pour encourager un sentiment d’appartenance et de conscience sociales, et de célébrations culturelles. Les personnes se sentent valorisées lors de rassemblements tels que la Journée de la République, la Journée Internationale des Femmes, la Journée de la Santé Mondiale, et plus encore.
Au fond Amrita-JSS transforme la vulnérabilité en force. C’est le chemin pour restaurer la dignité des personnes souvent laissées pour compte. Elles découvrent l’autonomie et le courage qui peuvent fleurir dans leur cœur.
Article paru le 2 septembre 2025.